Tout d'abord, je souhaiterai m'excuser du délai de réponse un peu long.
Sur le fond, votre interpellation des candidats sur les questions de santé est primordiale. Il s'agit en effet, de l'un des domaines où la nouvelle assemblée devra agir prioritairement.
Depuis maintenant de nombreuses années, la situation s'est largement détériorée : les infrastructures sont anciennes, les conditions de travail dégradées, et l'accès aux soins des plus démunis est de plus en plus compromis par l'instauration d'une médecine à plusieurs vitesses.
Ceci résulte pour grande partie des politiques mises en oeuvre par la droite au pouvoir qui a remplacé le droit à la santé par une simple prestation marchande, faisant le lit des assurances privées, des cliniques comme des grands groupes pharmaceutiques.
Ils continuent d'ailleurs avec la proposition d'un nouveau système de forfait basé sur la culpabilisation des malades.
Pourtant, avec les progrès des sciences et de la médecine, l’émergence de besoins nouveaux, l’allongement de la durée de la vie, le système de protection sociale doit faire le choix d’une augmentation de l’offre de santé qui soit le moteur d’un autre type de développement.
Pour cette raison, les communistes proposent une sécurité sociale universelle, ouverte à tous, allant vers le remboursement à 100%, ceci mettant la santé hors de portée des assurances privées.
D'autre part, le plan hôpital 2007 et la tarification à l’activité doivent être abandonnées, l’hôpital public relancé et rénové, ses effectifs accrus. Un plan d’urgence doit être lancé pour former des milliers de professionnels dont 40.000 infirmiers et 9 000 médecins par an simplement pour répondre à l'évolution démographique.
Pour finir, le financement de l'assurance maladie doit être repensé et son système solidaire doit être maintenu.
Je remarquerai également que ce financement reste très lié à la politique de l'emploi. En effet, le chômage, les faibles salaire ainsi que les exonérations exagérées pour les entreprises sont un des raisons principales du trou de la sécu.
Conformément à ces choix, j'estime que la question de l'offre de santé sur notre circonscription est fondamentale.
Si la création d'un nouvel hôpital localisé à Jossigny reste une perspective positive, elle ne constitue pas en l'état une réponse suffisante aux besoins de soins dans le secteur.
En effet, le périmètre de l'hopital de lagny couvre aujourd'hui 400 000 habitants et connaît une progression démographique de 10 000 habitants par an. Autant dire que les besoins continueront d'augmenter de manière significative.
A l'heure actuelle, les besoins sont déjà largement insatisfaits, les services sont saturés et les usagers sont souvent obligés de faire appel au secteur privé pour se faire soigner, dans la mesure de leurs moyens. L'initiative privée en matière de soins ne peut pourtant suppléer les hôpitaux publics, seuls capables d'offrir à tous des prestations de qualité à un coût abordable.
Par ailleurs, le projet de réalisation d'un hôpital à Jossigny souffre déjà d'un manque d'ambition. Sur les 588 lits initialement prévus, seuls 460 sont maintenus dans le projet de l'agence régionale de l'hospitalisation, l'ARH, soit déjà une réduction de 20 % des capacités, projet qui a été adopté à la majorité par le conseil d'administration de l'hôpital de Lagny.
Il est donc important de prévoir aujourd'hui des activités complémentaires entre Lagny et Jossigny. Il ne faudrait pas prendre prétexte de la création d'un nouvel hôpital pour abandonner l'hôpital de Lagny et, ce faisant, ne pas y consacrer les investissements indispensables en délaissant ce site au privé.
Parallèlement à la construction d'un équipement neuf, l'agence régionale de l'hospitalisation propose un projet de groupement de coopération sanitaire entre les hôpitaux du nord du département de Seine-et-Marne, à savoir les structures de Lagny, Jossigny, Meaux et Coulommiers.
Là encore, ce projet de mutualisation des moyens ne témoigne pas d'une quelconque volonté de développement de l'offre de soins, puisque aucun lit supplémentaire n'est prévu ; il correspond essentiellement à la volonté de permettre une plus grande mobilité des personnels.
Pour ces raisons, je me battrai aux côtés des usagers et des personnels pour le maintien d'une activité sur le site de Lagny et pour que le futur hôpital de Jossigny soit à la mesure des besoins afin notamment de garantir le droit pour tous à la santé.
Espérant avoir répondu à vos attentes,
Cordialement,
Jean-Marc Ferrand